prunelier en fleur printempsLes abeilles mellifères sont extrêmement actives pendant la belle saison. Dès la fin de l’hiver, elles profitent des quelques belles journées ensoleillées pour explorer l’environnement et commencer à rechercher les sources de nourriture. Le saule marsault et le noisetier vont leur permettre de commencer les récoltes de pollen ; la reine pourra recommencer à pondre et la vie de la ruche reprendra progressivement.
En mars, avec l’augmentation de la température, arriveront les premières récoltes de nectar sur les prunelliers, les cerisiers et autres fruitiers. L’activité de la ruche se développe ainsi harmonieusement avec le réveil de la nature et se poursuit jusqu’en été, en fonction des biotopes, avec les fleurs de prairies, les arbres et les cultures d’oléagineux.
De la fin août au mois d’octobre, les colonies se préparent à l’hiver en réduisant leur activité, en constituant les réserves de nectar et de pollen qui leur permettront de passer la saison froide, et en arrêtant la ponte. Les abeilles qui passeront l’hiver naissent toutes avant l’automne ; elles auront pour mission de tenir jusqu’à la reprise de la ponte, au printemps.

Ce cycle d’activité est très dépendant du cycle des saisons propre à nos régions tempérées. Pourtant ce cycle climatique, depuis quelques années, nous réserve des surprises, et comme le disent les bonnes gens : « Il n’y a vraiment plus de saisons ! »
Le printemps 2015 par exemple, nous a surpris par sa précocité. En quelques jours, il s’est installé, les fleurs ont éclos, et les ruches ont brusquement démarré leur activité. Puis les températures ont chuté, et les fleurs écloses ont cessé de produire du nectar, les abeilles ne sortaient plus et ne pouvaient pas nourrir la ponte des jours précédents. Il a fallu nourrir certaines ruches pour les sauver, et les abeilles ont dû abandonner les larves qu’elles étaient en train d’élever. Résultat : toute l’avance sur la saison a été perdue, et les ruches en sont sorties très éprouvées.
Puis il y a eu des journées chaudes et lourdes, alternant avec des périodes froides de plusieurs jours, ce qui a provoqué des essaimages nombreux, rendant ainsi les ruches inopérantes pour plus d’un mois. Certaines n’ont jamais repris et ont été perdues pour de bon. Ces température en dents de scie pendant tout le printemps ont rendu incapables de vivre normalement, et donc de produire, un tiers de mes ruches !
Puis arrive l’automne : en fait, depuis plusieurs années, cette saison est plutôt un été indien, ce qui est agréable après les printemps « pourris » qui se succèdent. Mais pour les abeilles, c’est une nouvelle période critique : il n’y a plus de fleurs, mais il fait beau et chaud. Elles sont donc toujours très actives, mais sans nectar à ramasser, elles commencent à consommer les réserves de nourriture dont elles auraient besoin pour l’hiver. Et lorsque le froid s’installe, les ruches sont toujours en ponte et n’ont plus de quoi manger. Là encore, il faut suppléer et procéder à des nourrissages si l’on veut retrouver au printemps des ruches et des abeilles en vie.

Nul doute qu’un nombre important des ruches perdues dans une année est lié à ces perturbations climatiques.