printemps abeilles Le printemps est arrivé il y a un mois, avec son alternance de douceur et de fraîcheur, parfois de froid. C’est là tout l’enjeu de cette saison risquée pour l’apiculture sous nos latitudes.
Les abeilles reçoivent en effet tous les signaux de la nature pour développer leur colonie : les jours s’allongent, le soleil brille de plus en plus haut dans le ciel, certains après-midi sont chauds, et les fleurs de printemps éclosent : pissenlit, prunelier, colza, aubépine, …
Pourtant, cette embellie n’est pas stabilisée ; la pluie succède au soleil, et le froid à la douceur.
Au moment où j’écris ces lignes, une vague de froid d’une semaine s’étend sur la région, comme d’ailleurs sur presque toute la France. Les abeilles rongent leur frein dans leur ruche en attendant le redoux, car il doit faire 17˚C au minimum pour qu’une fleur produise du nectar. Pour le dire en termes humains, les butineuses s’ennuient. C’est là que les problèmes commencent : elles préparent, pour s’occuper, des cellules royales, afin d’essaimer dès que la douceur reviendra. Comme nous sommes en pleine miellée de printemps, les ruches se videront d’une grande partie de leurs occupantes parties coloniser le monde avec une nouvelle reine, le miel déjà récolté se refroidira dans les ruches et durcira, et les ruches ne seront pas prêtes pour la miellée suivante.
Bien entendu, ce scénario catastrophe ne va pas forcément se produire, mais il est fort probable. Cela est d’autant plus regrettable que tous ces essaims ne choisiront pas forcément un abri adéquat, et mourront au retour du froid. L’absence d’arbres creux dans nos campagnes gérées et maîtrisées, empêche les abeilles mellifères de s’installer correctement dans la nature ; le mieux pour elles aujourd’hui, c’est quand même une bonne ruche bien isolée et bien abritée !